Photo d'un atelier Khan Academy
Projets - 13 septembre 2018

« Tu vois, ce n’est pas si compliqué ! »

Depuis 2013, l’association Teach for Belgium vise à réduire les iniquités scolaires en formant des jeunes diplômés et des professionnels en reconversion à devenir enseignants, dans les écoles les plus défavorisées. Pendant deux semaines en juillet, lors de leur Académie d’été, une classe spéciale Khan Academy a été mise en place avec l’équipe belge de Bibliothèques Sans Frontières. Retour sur l’événement avec Natascha Delahaut. 

Il pleut à Bruxelles. Enfin. L’Académie d’été organisée par Teach for Belgium peut respirer. Les salles de classe, alors en ébullition, reprennent des températures normales. Les cerveaux, par contre, continuent de bouillir devant les exercices de Khan Academy…

Dans la classe d’informatique, c’est étonnamment très calme. Les sourcils froncés, des jeunes de 12 à 17 ans se concentrent pour sortir des méandres mathématiques. Au petit jingle et aux confettis symbolisant l’exercice réussi, les regards se relâchent, les sourires de fierté éclairent les visages et les chuchotements se transforment en « Ouais Madame, j’suis trop fort ! »

Ahmin a 12 ans, il parle néerlandais et arabe à la maison. A l’école, tout est en français. Pour lui, le cours de néerlandais c’est comme la récré, mais en plus ennuyeux, alors son professeur l’envoie en classe informatique. Son login et son mot de passe en main, Ahmin s’installe confortablement derrière un ordinateur et clapote sur son clavier : FR.KHANACADEMY.ORG et presse ENTER. Il se connecte, un vrai jeu d’enfant. Devant lui, une liste de devoirs et de défis à accomplir. Le prof de mathématiques avait prévu le coup : Ahmin accumule les confettis et les points par milliers. De temps en temps, il donne un coup de coude à Moussa, son voisin, pour lui montrer son nouvel avatar débloqué. Moussa le regarde interloqué. Voire même dépité.

Lui, les maths, ce n’est pas son truc. Le néerlandais non plus, d’ailleurs. Mais bon, passons. Un peu plus âgé qu’Ahmin, il bute sur les équations à plusieurs inconnues. Pour l’aider dans son désarroi, son professeur de maths a sélectionné quelques exercices et quelques vidéos sur KHAN ACADEMY et lui a proposé d’aller s’installer dans un environnement calme pour avancer à son rythme. Quand il ne comprend pas, Moussa appelle le surveillant de la salle informatique, aussi prof de maths, qui s’assied à côté de lui et prend le temps de lui réexpliquer. Au fur et à mesure de l’heure, il enchaîne les confettis et les jingles et reprend confiance. Ahmin le regarde et lui rappelle que « tu vois, ce n’est pas si compliqué ! »

Et puis, la sonnerie retentit. Ahmin reclape son ordinateur et s’enfuit direction la récréation tandis que Moussa murmure légèrement de mauvaise humeur « qu’il aimerait bien terminer son exercice ».

Photo d'un élève devant la Khan Academy

Dans la salle informatique spécialement agencée en classe Khan Academy, tous les niveaux et tous les âges se côtoient. Les enfants y passent à tour de rôle. « L’idée n’est vraiment pas de remplacer le cours de maths » insiste la professeure Natassia, mais plutôt de venir le renforcer et de travailler sur les lacunes de chaque enfant pour lui permettre de redevenir acteur de sa scolarité. Il n’est plus passif et dépassé par la matière qui s’amoncelle sur le tableau mais comble brique après brique, et à son rythme, les lacunes accumulées au fil des ans.

Dans ce cas particulier d’utilisation, la technologie permet d’humaniser la classe traditionnelle et donne à chacun la chance de s’épanouir. Le professeur n’est plus seul et debout face à son tableau devant une vingtaine de paires d’yeux prêts à le fusiller au moindre X au carré. Non, il est un coach qui déambule entre les bureaux, offrant aux enfants taiseux ou turbulents au fond de la classe l’attention dont ils ont besoin. Une relation de confiance s’instaure. De plus, un sentiment d’entraide émerge : un élève maîtrisant une compétence peut aider son camarade dans ses exercices ou bien continuer son parcours et se surpasser. Par ailleurs, un élève en difficulté peut refaire un exercice sans se sentir jugé par ses copains de classe. Le rôle de l’enseignant est primordial car il permet de réguler sa classe, de s’assurer que chacun s’approprie la plateforme et effectue les exercices correspondant à son niveau.

En bref, cette première expérience avec Teach for Belgium fût un véritable succès ! Les professeurs ont trouvé une belle manière d’intégrer Khan Academy à leur Académie d’été. La plateforme a pu être utilisée comme le veut sa philosophie : un outil simple d’accès à disposition des élèves leur permettant d’avancer à leur propre rythme dans un esprit de bienveillance et d’autonomie.

Un texte de Natascha Delahaut

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