Photo de Florent Corcelle, Directeur Administratif, Financier et Ressources Humaines
Médias - 26 septembre 2017

Florent Corcelle : « BSF est un ado plein d’idées ! »

Il y a quatre mois, Bibliothèques Sans Frontières accueillait son nouveau Directeur Administratif, Financier et Ressources Humaines, Florent Corcelle. Retour avec lui sur son parcours professionnel et ses envies au sein de l’organisation.

Environnement international et populations vulnérables

Après avoir rénové en famille une ancienne ferme du Sud-Ouest de la France en chambres d’hôtes, puis rejoint Whirlpool en tant que commercial puis contrôleur de gestion, Florent est resté huit ans à l’Union Internationale contre la Tuberculose et les Maladies Respiratoires. Tout d’abord en tant qu’Administrateur Financier des projets de contrôle du tabac :

« À l’époque, nous recevions 20 millions de dollars par an avec pour objectif de modifier les lois dans les dix plus grands pays où la prévalence du tabac était très forte. Notamment l’Indonésie, la Chine, la Russie, l’Égypte, le Mexique et le Brésil. Notre équipe était disséminée dans plusieurs pays du monde, nous distribuions la moitié de cet argent à d’autres organisations pour qu’elles fassent bouger les choses localement et nous les accompagnions sur le plan technique. »

Après un an passé sur ce poste, il a repris la gestion de l’équipe des administrateurs de projets, avant de devenir contrôleur financier, le bras droit du Directeur Administratif et Financier. Et ce pendant six ans.

« Comme Bibliothèques Sans Frontières, l’Union était une organisation internationale en forte croissance ! En l’espace de huit ans, nous sommes passés de 200 à 700 employés. Notre siège était à Paris mais nous travaillions dans différents pays du monde, en Afrique, en Asie, en Amérique latine essentiellement avec des locaux. Comme au Zimbabwe, en Inde ou au Pérou. C’était formidable. J’ai toujours baigné dans un environnement international mais européen. Avec l’Union, c’était la première fois que je pouvais discuter avec quelqu’un de Malaisie, de Suède et du Soudan à une même table. »

Mais ce qui rapproche l’Union et BSF, selon Florent, c’est d’abord ce travail auprès des populations les plus vulnérables :

« On dit que la tuberculose est une maladie qui touche les pauvres. Elle est difficile à détecter et surtout, il faut entre quatre et six mois pour la traiter, par la prise de médicaments régulière. Nous l’avons oublié en Europe mais elle est la première maladie mortelle transmissible dans le monde : elle tue entre 1,7 et 1,8 million de personnes chaque année. Du fait de la faiblesse des systèmes de santé, les personnes les plus pauvres en Asie ou en Afrique sont celles qui continuent à transmettre la tuberculose parmi leur famille et leurs amis, et qui sont les moins bien traités. En cela, BSF s’en rapproche car ses bénéficiaires sont les publics les plus vulnérables en Europe, comme les migrants ou les habitants de quartiers défavorisés. Ou bien dans le monde, comme des personnes affectées par la guerre, en danger ou qui ont été déplacées. Tout comme il est possible de traiter la tuberculose, même si bien trop lentement, il est également possible de remettre de la culture, façon 21e siècle, via les actions de BSF. »


Dans 20 ans, nos enfants ne comprendront pas pourquoi nous n’avons pas fait davantage pour aider des gens qui en avaient besoin.
Florent

Engagement bénévole et champs d’exploration

Les publics migrants et demandeurs d’asile ne lui étaient pas inconnus. Lors de sa dernière année à l’Union, Florent est volontairement passé en quatre-cinquième pour pouvoir s’investir au sein de deux associations, en tant que bénévole. Le vendredi matin à Anticor, association qui lutte contre la corruption et pour le rétablissement de l’éthique en politique. Le vendredi après-midi, à Singa, qui crée des ponts entre des personnes réfugiées et leur société d’accueil.

« Très affecté depuis le début de la guerre en Syrie par ce que l’on faisait et ce que l’on ne faisait pas en Europe, je voulais m’engager et m’impliquer localement. Dans 20 ans, nos enfants ne comprendront pas pourquoi nous n’avons pas fait davantage pour aider des gens qui en avaient besoin. Nos actions au sein de l’Union étant principalement à l’étranger, je voulais faire partie d’une communauté plus proche de chez moi. Chez Singa j’aidais principalement l’équipe sur le back office : Excel, base de données, questionnaires. J’ai aussi accompagné une Zimbabwéenne, dont la famille était opposante au Président de la République Mugabe et qui avait dû se réfugier en France. Mandy parlait peu le français mais avait de grandes qualités en finance. Je l’ai notamment aidée à écrire son CV en français, à faire de faux entretiens pour bien se présenter. Tout cela a payé : elle a trouvé un CDD ! »

Ses chantiers et ambitions au sein de BSF ? Structurer les procédures Finances et Ressources Humaines pour que les équipes opérationnelles puissent faire leur travail au mieux pour les bénéficiaires de nos projets.

« On ne fonctionne pas de la même manière à vingt personnes qu’on ne le fait à cent, à deux pays comme à sept. BSF a grandi très vite. On ne quadruplera pas le budget ou le nombre d’employés comme dans les deux dernières années et nous devons maintenant bien nous structurer, notamment en finance et ressources humaines, ce qui nous permettra d’être plus productif et de créer un réseau international fort. Ce qui permettra aussi d’ouvrir de nouveaux projets, de se tourner vers d’autres pays, d’accompagner les initiatives de partenaires et de nous ouvrir à de nouveaux champs d’exploration. »

Enfin, quand on lui demande ce qu’est Bibliothèques Sans Frontières, Florent répond :

« BSF, c’est un ado qui a plein d’idées ! Qui a envie de faire énormément de choses et qui n’a peur de rien. Mais qui n’est pas tout à fait fini ! Je suis très content et fier de faire partie de cette aventure professionnelle. C’est très enthousiasmant, et il faut que ça le reste. »

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