Projets - 4 mars 2020

Burundi : l’Ideas Box a six ans !

En 2014, Bibliothèques Sans Frontières inaugurait en février ses premières Ideas Box au Burundi, en partenariat avec l’UNHCR et IRC, dans les trois camps de réfugiés congolais de Bwagiriza, Musasa et Kavumu. La première à avoir été installée se trouve toujours dans le camp de Musasa, à une vingtaine de kilomètres de la frontière rwandaise. Six ans plus tard, à quoi ressemble-t-elle ? Une bibliothèque pour apprendre, créer et jouer. Un lieu de savoir, de refuge et de rencontres pour oublier les traumatismes vécus.

Retour sur cette inauguration avec Benjamin Gausset, coordinateur régional en Afrique des Grands Lacs, et sur les projets à venir.

Le Burundi compte aujourd’hui près de 80 000 réfugiés, dont la grande majorité est congolaise. Dans le camp de Musasa, dans la province de NGozi, 8 500 d’entre eux sont installés dans des habitations de fortune, dont 5 000 enfants et adolescents. Il y a six ans, en février, l’Ideas Box arrivait en camion, tel un marchand de glace ambulant après qui l’on courrait l’été.

« Je me souviens très bien du regard émerveillé des jeunes enfants, des hommes et des femmes à l’arrivée de l’Ideas Box dans le camp. Il y avait près de cent-cinquante personnes, tous curieux et ébahis devant ces boîtes colorées. Certains chantaient même : c’était un événement incroyable pour eux, comme une bénédiction ! » explique Benjamin.

Une vidéo de Louis Villers, avec Augustin Trapenard

Les jeunes se précipitaient alors pour pouvoir être associés au projet et travailler en tant qu’animateur ou médiateur. Certains étaient informaticiens, d’autres bibliothécaires ou médiateurs culturels. La sélection des profils s’est faite en fonction de nos besoins et des compétences de chacun, tout en respectant la parité et la juste représentation des communautés présentes à Musasa.

Très vite, l’Ideas Box a rencontré un immense succès. Réfugiés du camp, partenaires et même Burundais s’y pressaient chaque jour.

« Pendant les formations et les premières activités, tous étaient volontaires, investis et curieux. C’est la seule chose qui m’importait. Que les personnes soient heureuses et puissent trouver des livres et des jeux qui les intéressaient. Quand ils ne seraient pas à l’école, les enfants allaient enfin pouvoir continuer à apprendre et rêver d’un avenir meilleur. Leurs mères seraient alors moins inquiètes d’aller travailler, les sachant occupés à fréquenter la seule bibliothèque du camp. »

Six ans plus tard, rien n’a vraiment changé. Peut-être les couvertures des livres qui ont pris la couleur ocre de la poussière au sol, le puissance 4 scotché de toute part et les tablettes un peu moins nombreuses, suscitant quelques petites disputes ici et là. Mais toujours, dès son ouverture à neuf heures, près d’une centaine d’enfants font la queue chaque matin. Pour beaucoup d’entre eux, cette Ideas Box est le seul espace culturel qu’ils n’aient jamais connu.

À Musasa, 90% des usagers de l’Ideas Box sont des enfants. Parfois, des personnes âgées viennent leur lire des histoires sur leur pays d’origine et partager leurs expériences.

« L’Ideas Box est bien plus qu’une simple bibliothèque, c’est un espace de protection et de cohésion sociale dans le camp. Dans le camp, c’est même leur seul accès aux livres et à des jeux. Et les communautés ont su se l’approprier, non pas comme nous l’avions envisagé mais comme ils le souhaitaient réellement. C’est pourquoi l’espace est aussi dynamique aujourd’hui. Si l’Ideas Box avait été trop encadrée par nous et nos partenaires, peut-être seraient-ils venus moins spontanément et moins librement. C’est évidemment un point d’interrogation mais j’en reste convaincu.

Notre présence n’est maintenant plus essentielle pour qu’elle puisse vivre. C’est une grande victoire ! Même si nous pouvons encore aller plus loin et développer de nouveaux sujets de sensibilisation comme la santé ou l’environnement. »

Dans la région des Grands Lacs, dix-sept Ideas Box sont aujourd’hui installées au Burundi, en Tanzanie et au Rwanda. Bientôt vingt-et-une.

« Ici, Bibliothèques Sans Frontières est une jeune organisation mais se développe bien et rapidement. Il faut néanmoins rester attentif et ne pas aller trop vite : nous devons nous organiser au mieux pour accompagner ce développement, en termes d’intervention, d’offres de services à la communauté et aux partenaires.

On a vraiment réussi à s’implanter comme un acteur important au Burundi, et dans la région, tout en répondant aux besoins des populations avec lesquelles nous travaillons. C’est un succès ! Je suis quelqu’un d’ambitieux : dix-sept Ideas Box, ce sont des miettes par rapport à tous les besoins que l’on rencontre. J’aimerais exploiter tout le potentiel de la jeunesse pour faire de ces outils des outils pertinents pour les communautés. »

Un texte de Preamoney Tan

Depuis 2007, Bibliothèques Sans Frontières agit sans relâche pour porter la connaissance à celles et ceux qui en sont privés – des camps de réfugiés au Bangladesh aux territoires ruraux en France – et faire du droit à la culture un droit fondamental de l’être humain. En treize ans, l’association a touché plus de six millions de personnes dans cinquante pays.

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