Photographie de Pascal Bachelet
Projets - 8 septembre 2021

Cultiver l’espoir des réfugiés afghans

Bibliothèques Sans Frontières a créé en un temps record une bibliothèque dans un hôtel hébergeant 450 réfugiés afghans, au sud de Paris. Monté en partenariat avec l’association France terre d’asile, chargée de la gestion de l’hôtel, ce projet permet aux réfugiés de résister à l’ennui le temps de leur quarantaine et de garder foi en l’avenir.

Augustin Trapenard s’est rendu sur place pour témoigner du rôle essentiel de la culture en situation d’urgence.

UN TEMPS POUR S’ÉVADER

Depuis la prise de Kaboul par les Talibans le 15 août, la France a accueilli 2 600 ressortissants afghans. Soumis à une quarantaine pour des raisons sanitaires, ils sont hébergés provisoirement dans des hôtels, partout en France. L’association France terre d’asile loge 450 d’entre eux – dont 150 enfants – dans un hôtel au sud de Paris. Ils sont nourris, accompagnés par des psychologues et par les équipes de l’association qui les aident dans leur démarche de demande d’asile.

Les journées sont longues : pour des raisons sanitaires, ils doivent attendre dix jours avant de pouvoir sortir. C’est pourquoi France terre d’asile a contacté BSF il y a deux semaines pour créer une bibliothèque en urgence. L’équipe de la Mission Livres s’est rapidement mobilisée : plus d’un millier de livres et de jeux ont été livrés, principalement pour les enfants.

Une vidéo de Louis Villers

« Ces personnes ont tout laissé derrière elles et se retrouvent complètement démunies ici. Il était essentiel de ne pas seulement leur apporter les biens de première nécessité mais aussi un petit supplément d’âme, quelque chose qui leur permet aussi de retrouver un peu de joie, de temps et d’espace, pour penser à autre chose que ce qui se passe à Kaboul. Le livre fait partie de ces objets dont on a besoin au quotidien pour s’évader. » Delphine Rouilleault, directrice générale de France terre d’asile.

Cette dotation a permis de créer une bibliothèque dans une petite salle au rez-de-chaussée de l’hôtel, dans laquelle les hébergés peuvent venir chaque après-midi emprunter des livres et des jeux. Cela leur permet de résister à l’ennui, de lutter contre le stress et – pour certains – de commencer à apprendre le français.

« La plupart d’entre eux demanderont l’asile en France. D’autres veulent rejoindre leur famille en Angleterre, en Allemagne ou dans d’autres pays d’Europe. Mais leur esprit est toujours tourné vers Kaboul. Beaucoup y ont encore des proches en danger, qu’ils tentent à tout prix d’évacuer et de faire venir. Aujourd’hui, il leur est encore difficile de se projeter dans une nouvelle vie. » Delphine Rouilleault, directrice générale de France terre d’asile.

Delphine Rouilleault, directrice générale de France terre d’asile,
et Augustin Trapenard, parrain de BSF

ET APRÈS ?

Chaque matin, des bus amènent celles et ceux qui souhaitent rester en France au guichet unique pour demander l’asile. Le temps de la procédure, ils sont réorientés vers des centres d’hébergement d’urgence sur l’ensemble du territoire et reçoivent une allocation pour subvenir à leurs besoins. L’attente durera quelques mois avant d’obtenir le statut de réfugié ou de protection subsidiaire par l’Ofpra.

Avec 41 000 personnes, les Afghans sont aujourd’hui la première communauté en France en nombre de demandes de protection déposées et de protection accordées. Ils ne représentent pourtant qu’1.58 % des 2,6 millions d’Afghans réfugiés dans le monde selon le HCR. Principalement accueillis au Pakistan et en Iran, la majorité d’entre eux nourrissent l’espoir de retourner un jour dans leur pays.

En France, BSF travaille dans les centres d’hébergement d’urgence, les centres socioculturels et les bibliothèques pour que les personnes migrantes et réfugiées puissent se familiariser avec la langue et la culture locales, et avoir accès à toutes les informations nécessaires pour exercer leurs droits, accéder à un logement ou trouver un emploi.

La culture, un droit humain

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